H14 – Force et honneur ! Calmos!

Trop de mots gazeux et pas assez de concepts solides… et hop! C’est le dérapage assuré! Une pincée de point Godwin et on en vient à se foutre sur la gueule! Explication de texte…

Les Anthropochroniques H14

Deux de mes amis insoumis s’étripaient récemment sur le réseau social à propos du « Force et Honneur » qu’on lit plus que de coutume sur des statuts de Gilets Jaunes. Ça sonne un peu comme un tatouage de Waffen SS mais il semblerait que l’expression vienne des militaires (de chez Maximus le Gladiator très exactement), auquel cas cela signifierait que la force physique et armée sert à faire respecter la dignité (le rôle social) dont on est investi: l’honneur est la rémunération du service militaire à la patrie reconnaissante. Honneur est en fait un synonyme de reconnaissance et la médaille un signe de reconnaissance. Et si ça peut leur faire plaisir…

Le déshonneur correspond à la perte de statut à cause d’un non-respect des engagements, c’est un déclassement pour infraction au règlement, une exclusion du cercle des notables, de ceux qui comptent, parce que justement on n’a pas pu compter sur eux. Dans certaines traditions, le déshonneur peut frapper toute la famille, tout autant que sa réparation, dans le cadre d’une vendetta par exemple: la Personne ne se réduit pas ici à l’individu. Frapper un membre du clan, c’est frapper le clan tout entier.

On peut aussi interpréter la force comme la force morale, c’est à dire la capacité à résister à ses instincts. “Force et honneur” se traduirait alors par “volonté et dignité”. Et là, je mets tout le monde d’accord.

En commerce, la responsabilité limitée (celle de la EURL) permet de dissocier la #Personne qui entreprend de la Personne privée (toute deux réunies dans un même individu). On évite ainsi le déshonneur total au failli qui n’est plus poussé au suicide comme au XIXème par exemple: seule sa Personne professionnelle est touchée, le reste de l’existant n’est pas directement atteint, sauf en cas de trop forte porosité des deux sphères. L’engagement de la responsabilité ne se fait donc pas sur l’intégralité de l’individu dans lequel plusieurs Personne se recoupent. On peut foirer en affaires et ne pas être indigne de vivre. On n’est tout de même pas des samouraïs.

La crise de la responsabilité dans la classe politique française vient justement du fait que les manquements aux règles de la République (insuffisance ou abus, délit d’incompétence ou délit d’initié) ne sont plus sanctionnés par des dé-gradations du côté de l’instituant: ni perte de statut (titre, éligibilité, immunité, nationalité) ni exclusion de communauté (excommunication, emprisonnement, bannissement, éviction) ne viennent plus souligner l’échec des missions politiques et en premier lieu, l’exemplarité.

Le délégué n’est pourtant pas un individu de base (même s’il peut le redevenir): il est l’émanation de la volonté collective. Que sa confiance soit trahie dans le cadre de la représentation, et l’élu aura alors à redouter les foudres de la vindicte. C’est le sens de cette demande populaire de RIC révocatoire. On ne fera pas sans une exigence politique bien supérieure au niveau actuel, un sens de l’honneur retrouvé chez nos mandataires et de la force de caractère devant le pot de miel.

Volonté et dignité s’imposent à tous les étages!

Tout le reste est littérature! A la revoyure!