S12 – Les ennemis de mes ennemis sont-ils mes amis ?

Nous restons dans la réthorique sans pour autant brasser du vent puisqu’elle est pour la théorie de la médiation le moment où se nie la Grammaire. Mais en dialectique, négation ne veut pas dire annulation, c’est pourquoi on parle de réaménagement. La négation de la négation n’est pas égale à zéro.

le plan du signe S12

Je vous ressers le tableau des termes rhétoriques que je mets en perspective avec celui des termes grammaticaux, histoire de mieux souligner l’analogie du modèle.

Le locuteur n’est ainsi jamais enchainé au contexte pour peu qu’il ait le vocabulaire nécessaire et une certaine agilité conceptuelle. On remarque que le vocabulaire (ou appellation ou même nomenclature) est la capacité à produire du vocable, c’est à dire de l’identité sémantique, du concept. Celui-là peut se positiver par une définition mais parce qu’il trouve son principe dans le Signe, il peut toujours dire autre chose en vertu de la polysémie et se dire autrement par voie de synonymie : le choix est ici rhétorique.

Concept et idée sont deux marques distinctes. Dans le lexique, ils sont en opposition. Dans le vocabulaire, ils peuvent être synonymes : les effets de sens qui ne sont pas exclus convergent alors. C’est une bonne idée. J’adore le concept. Ou c’est un bon concept. J’adore l’idée. On a pourtant toujours l’impression que ce n’est pas pareil. Bien sûr, la marque est différente et même très différente. Et il y a toujours un pinailleur qui s’obstine à chercher ce qui les fait diverger. J’ai récemment eu un petit conflit conceptuel mais néanmoins amical avec un collègue zététicien qui me soutenait que paradoxal et contre-intuitif n’étaient pas synonymes et il a fini par conclure que paradoxal n’était pas possible quand contre-intuitif l’était. J’ai cédé pour ne pas que nous en venions à nous brouiller. Or…

Mais nous reviendrons sur cette question.

Sur l’axe génératif, le terme de proposition assure une unité conceptuelle à une pluralité d’effets de sèmes et de Mots : l’inéluctabilité est équivalent à le caractère de ce contre quoi il est inutile de lutter ou si on préfère la propriété de ce qu’il ne sert à rien d’essayer d’empêcher. Bien sûr chaque mot a un sens particulier mais le terme de proposition rassemble ces potentiels singuliers et annule les divergences : il ne fait sémantiquement qu’un quel que soit le nombre de Mots.

Exemple : La pièce mécanique qui sert à diriger une automobile. Je peux me livrer à une analyse logique mais le concept est unique et ne fait pas le détail. On peut d’ailleurs le résumer par le volant, celle-ci, cette dernière, elle ou la pour utiliser des enclitiques.

Et c’est le Texte qui est au principe de cette capacité : autrement dit, c’est la capacité grammaticale de segmentation qui permet de regrouper des mots pour produire du concept unique. On parle alors d’autonymie comme on parlait de synonymie. La première intègre une pluralité d’effets de Mots dans un terme de proposition unique quand la seconde inclut une diversité d’effets de sèmes dans un concept identique. Mais dans les deux cas, il ne s’agit que de convergence. Rien n’est arrêté de manière définitive.

 Tout le reste est littérature. A la revoyure !

Paradoxe :

si, comme moi, vous avez la malchance de vous appeler Christophe Martin, sachez que vous n’êtes pas seul. J’en connais physiquement deux, rien que par chez moi. Mon nom propre n’est donc paradoxalement pas la dénomination la plus personnelle à mon endroit : il n’est d’ailleurs pas de mon propre fait. Le créateur de l’Anthropologie pour les Quiches ou mon numéro d’INSEE sont moins communs que mon nom propre. Merci l’autonymie ! Merci l’immatriculation ! L’impropriété ne se réduit qu’en contexte et encore… jamais complètement.

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